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Transformer des vies, transformer la société
La Fondation de L’Arche Canada est un organisme sans but lucratif dont la mission est de recueillir des fonds au bénéfice des 29  communautés de L’Arche Canada qui accueillent des personnes avec une déficience intellectuelle.


 

Ce blogue s'adresse à tous ceux et celles qui, inspirés par L'Arche et la vision sociale de Jean Vanier, désirent partager leurs réflexions sur la vie, la famille, la spiritualité, la déficience intellectuelle, la communauté, le sentiment d'appartenance ou tout autre sujet qui vous touche personnellement.

mar 28
 

Qu’est-ce qui vous fait craquer? La force ou la faiblesse?

Il est facile et même parfois tentant d’idéaliser la fragilité. Mais, dans la vraie vie, peu d’entre nous prennent le risque au quotidien de se montrer avec leurs faiblesses. Leonard Cohen, un poète et chanteur extraordinaire, n’hésite pas à valoriser dans ces compositions la vulnérabilité de l'être humain. L’âme et le corps blessés sont autant de lignes de fractures permettant à la lumière de nous atteindre – “that’s how the light gets in” , écrit-il.

C'est de façon beaucoup plus crue et moins poétique que l’auteur T.S. Eliot capture cependant notre réluctance à apprivoiser nos faiblesses. Celui-ci affirme en effet que les êtres humains sont complètement obnubilés par la tâche, sans cesse à reprendre, de se faire une bonne opinion d’eux-mêmes. Aussi, comment savoir si l’autre qui me regarde, verra en moi beauté ou laideur, force ou faiblesse?

Récemment, je me suis procurée une corde à danser. Mon jeune garçon désirait apprendre à sauter à la corde. Attiré naturellement par les livres ou les jeux de cartes, les activités sportives représentent pour lui un défi moins naturel. Après plusieurs essais infructueux et quelques ‘plats’ encouragements de ma part sur les vertus de la pratique, il abandonna exaspéré et frustré ce nouveau jeu. Alors que défait et retenant ses larmes, il dénouait la corde enroulée sur ses pieds, il soupira: “mama, c’est trrrop dur.”

Parfois, ces cassures permettent aussi à ce qui fait mal de s’extérioriser.

J’aurai pu sécher ses larmes en le flattant habilement ou en lui rappelant d’être ‘un homme’’ mais à cet instant précis, m’est revenue à l’esprit cet enseignement de Jean Vanier qui suggère de toujours accueillir la vulnérabilité avec amour, d’être simplement présent à toute fragilité sans autre intention que d’être là, humblement.

Imaginez si le jeune Jean Vanier – formé à la guerre et à la philosophie – s’était abstenu d’inviter chez lui des personnes vivant avec une déficience intellectuelle sous prétexte qu’il craignait de montrer qu’il savait bien peu sur l’accompagnement dont ils avaient besoin. Heureusement, les choses se passèrent autrement.  Ses connaissances très primaires furent acceptées avec un amour inconditionnel. Et, c’est ainsi que Jean pu apprendre, transformé par les hauts et les bas du quotidien partagés avec ses compagnons. 

Je suis émue par la guérison résultant de petits gestes délicats dont je suis souvent témoin dans les foyers de L’Arche. Ils manifestent une qualité de présence à la fragilité humaine. Plusieurs souffrances ne seront jamais apaisées mais la solidarité de celui ou de celle qui sait écouter et se rendre présent est en soi un baume efficace.

Aussi, plutôt que de m’inquiéter de mes compétences maternelles bien imparfaites, j’ai essayé de suivre l’exemple de Jean Vanier et, devant la vulnérabilité de mon enfant, d’être simplement aimante et présente. Sans offrir d’autres conseils, je me suis agenouillée et j’ai ouvert mes bras. Il s’est collé sur moi et il a pleuré longuement. Et, le jour suivant, nous avons essayé à nouveau!


Pam Cushing

C’est avec plaisir que je vous présente Pamela Cushing, amie et professeure d’anthropologie spécialisée dans les études et la recherche sur la déficience au King’s University College affilié à l’université Western Ontario. Pamela a fait plusieurs recherches sur L’Arche. Elle est une femme pleine de vie et d’idées. Ses réflexions et ses écrits sont une nourriture toujours stimulante.

                                                                                                      Nathan

Commentaires [Ajouter un commentaire]

Martha Bala

2012-04-01 19:17:06

What a lovely story Pam, thanks for sharing this simple if frustrating moment which led you to love and tears - no place better!  What a great mama....

Pamela

2012-03-29 13:08:18

hi rita - hey that is great to hear! he has many stories about how fast EVERYone else in the WHOLE school can jump, but there may be a 'bit' of exaggeration in there. : ) lovely to see your words - -pamela

Rita O'Connor

2012-03-28 17:02:37

Pamela, I have taught school for twenty six years.  It takes boys longer to learn to jump rope than it takes girls.  I don't know why.  I have never seen a boy NOT learn.  Practice is what it takes.  And when you have practiced enough for one day, do something that you are very good at. 

To your son I say:  "Skipping is fun!  It is a very Spring thing to do!  Keep trying."